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La communauté de l'agglomération havraise (Codah) a
lancé un programme de compostage des résidus biodégradables
sur la commune d'Harfleur (76), à commencer par la cuisine centrale.
De février à mai, d'étranges petits chalets de bois,
poussent et pousseront encore dans chacune des 6 écoles : des pavillons
de compostage !

D.R.
A quelques kilomètres du Havre, dans la commune de Harfleur (8
600 habitants) en Seine-Maritime, la Communauté de l'Agglomération
havraise (Codah) a eu l'idée lumineuse de composter sur place les
résidus biodégradables de la cuisine centrale et de chacun
des restaurants scolaires.
Des déchets au compost, une technique
L'objectif de cette municipalité a été de réduire
au maximum les quantités de déchets en créant le
compost sur place. Grâce à cette technologie, il est possible
de diminuer jusqu'à 75 % du volume des déchets. Ainsi 20
tonnes de déchets annuels seront valorisées pour produire
du compost. Il existe plusieurs solutions techniques, " mais c'est
en visitant un pavillon de compostage à la Roche-sur-Yon, au pied
d'un immeuble que j'ai pensé à cette solution pour les écoles
d'Harfleur ", explique Stéphane Denize responsable du secteur
éco-geste, au sein de la direction gestion des déchets à
la Codah. Chaque école possédera son petit pavillon en bois
d'origine française, issu de l'éco label " forêts
durablement gérées ". Ce pavillon est un grand composteur
de 3 m3, les détritus organiques y sont déposés dans
une première cellule et mélangés avec des copeaux
de déchets verts humidifiés qui permettent une aération
passive. Après plusieurs semaines passées dans la cellule
de fermentation à environ 70 °C, le compost en formation est
transféré dans une cellule adjacente pour reposer, maturer,
et s'affiner, et enfin être utilisable pour les espaces verts.

D.R.
De la cuisine au tri des déchets, une motivation
La cuisine centrale qui fabrique les 800 repas par jour, est équipée
d'un pavillon de compostage de 10 m3. Dans les faits les cuisiniers de
la cuisine centrale au moment de la préparation des repas, trient
les déchets. Dans chaque restaurant scolaire, les élèves
après avoir déjeuné le font aussi. Dans la salle,
il y a une table avec deux trous, un pour " je composte " et
un autre pour " je jette ". A la fin du repas, une personne
de service, responsable de ce poste est chargée d'apporter les
déchets dans le pavillon de compostage, puis y ajoute un peu de
broyat ou de copeaux pour assurer l'équilibre nécessaire
à un bon compostage. Monsieur " éco-geste " explique
: " C'est expérimental, nous imaginons pouvoir récupérer
le compost d'ici trois ou quatre mois, après le temps nécessaire
à la fermentation. Nous avons décidé d'utiliser ce
mélange un peu grossier mais c'est un choix. Sorti du pavillon,
ce compost appelé paillage est utilisé pour protéger
et enrichir la terre, éviter l'évaporation de l'eau et la
poussée des mauvaises herbes. Les services de la commune d'Harfleur
récupéreront cet engrais naturel pour le déposer
dans les espaces verts et les massifs de fleurs. "
Des enfants, des cuisiniers, des agents, une transmission
" Les cuisiniers et les enfants trient, les agents de la cuisine
alimentent le pavillon, et le personnel du service des espaces verts de
la commune récolte le compost, précise Christophe Hébert,
responsable de la cuisine centrale. Une telle chaîne ne peut fonctionner
qu'à condition que chacun se sente concerné à son
niveau de responsabilité ". Chaque étape du compostage
doit être strictement respectée pour aller jusqu'au bout
du processus. Pour que la chaîne tienne bon, une demi-journée
de formation a été proposée à la cinquantaine
d'adultes des cuisines et des espaces verts. Quant aux enfants, ils ont
eu un animateur qui est venu, pendant une heure, les sensibiliser aux
bénéfices du compostage, " à quoi ça
sert, qu'est ce qu'on peut composter ? ". La question a été
abordée sous deux angles, celui du gaspillage alimentaire et de
la nécessité de réduire les déchets. Mais
pour impliquer davantage les enfants, le projet va plus loin, à
peu près 90 % du compost est destiné au paillage. Les 5
à 10 % restants seront optimisés dans un atelier ludique
où les enfants pourront passer le compost dans des tamis de différentes
tailles pour l'affiner et ils repartiront chez eux avec un peu de cet
engrais. " Ainsi nous fermons la boucle, les enfants tirent le bénéfice
des efforts qu'ils fournissent au restaurant en triant leur déchet.
Les enseignants seront associés à la démarche. L'idée
d'un jardin pédagogique à l'école est en train de
mûrir. Nous pensons aussi organiser une journée récolte
du compost avec ouverture du pavillon aux parents pour que chaque famille
reparte avec un peu d'engrais
"
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